AS-TU VRAIMENT BESOIN... DE LIRE LA FACTURE AMOUREUSE


de Pier-Yves Mc-Sween et de Paul-Antoine Jetté?



Perso, je dis « Oui! ». Parce que l’argent est partout, qu’on le veuille ou non. Il est aussi présent dans la vie d’un couple et ce, dès les premiers instants d’une relation.

Vous planifiez d’inviter votre nouvelle flamme pour la première fois? Pas le choix de considérer vos finances pour déterminer quelle sera le cadre de ce rendez-vous qu’on veut charmant. L’autre moitié pense probablement aussi aux frais qu’elle devra engager pour faire la meilleure impression possible. Et vous n’êtes même pas encore rendu au moment de partager ou non la facture…

Consciemment ou pas, le statut social, le revenu de la personne convoitée apparaît souvent en toile de fond pour déterminer si oui ou non, une personne accepte l’invitation. Et nous voilà dans une galère, une aventure parfois périlleuse si on ignore où ça peut nous mener.

Entre le début et la fin d’une relation, les couples sont confrontés à de multiples occasions de parler d’argent, et le plus tôt est le mieux pour éviter d’accumuler des frustrations. Bien que certains diront que ne n’est pas du tout romantique, cela s’avère pourtant nécessaire si l’on veut un avenir financier viable et éviter autant que possible les inévitables confrontations.

Alors, on y parle de quoi?


Ne vous en faites pas! Ce livre est écrit dans un langage très accessible et rigolo. Qu’il s’agisse de discuter du niveau d’endettement acceptable, des objectifs d’épargne, du lieu et du mode de vie souhaité, des enfants potentiels, de départager les dépenses individuelles des dépenses communes, des rêves de chacun… Il n’y a pas de bonnes ni de mauvaises réponses. Simplement une mine d’informations qu’on a envie de partager.

Bref, on évoque tout ce qui touche la vie à deux ou à plusieurs : (Tss.Tss! Ici, je parle des enfants du couple!…).


- les avantages et les inconvénients des différents modes de partage des dépenses, soit :

  • placer tous les revenus dans un même compte d’où sont prélevées toutes les dépenses;

  • partager 50-50;

  • au prorata des revenus de chacun;

  • en fonction de la consommation de chacun;

  • etc.

- la subvention amoureuse quand un enfant est né d’une autre union;

- la valeur du logement quand la maison déjà payée appartient à un seul des deux au moment de l’union;

- l’écart entre le potentiel et la réalité : « t’se celui qui veut un véhicule de 90 000 $ alors qu’il travaille au salaire minimum? »…;

- l’impact des décisions financières personnelles de l’un sur l’autre;

- et plus encore!

Le moment dans la vie où deux personnes se mettent en couple est aussi très important. Déjà à 40 ans, on a à vivre avec le passé financier de l’autre, car si l’un dispose d’un patrimoine important tandis que l’autre est un puits sans fond, le premier doit assumer les conséquences sur la qualité de vie…

Vivre en couple est donc à la fois un partage des risques et une diminution du stress, mais il peut aussi être l’inverse, c’est-à-dire d’avoir à s’occuper de l’autre lorsqu’un pépin survient. Voilà pourquoi il importe d’être conscient du coût de renoncement inhérent à chacun de nos choix financiers.

Et puis… mariés ou conjoint de fait? Quels sont les coûts liés à l’un ou à l’autre choix? Quelles sont les pertes potentielles au niveau des allocations socio fiscales, des crédits d’impôt, de l’impôt au décès, etc.?

Par exemple, si vous êtes mariés et que l’union se termine, sachez que le patrimoine familial s’applique avant le régime matrimonial, que le moment où vous recevez un héritage influe aussi sur ce qu’il en adviendra au moment de la fin du couple, etc.

Parler d’argent au début élimine bien des frustrations futures. Comme pour la planification de la retraite, par exemple. Si l’un des deux bénéficie d’un fonds de pension blindé tandis que l’autre paie sa part des dépenses mais ne peut remplir ses REER, il y aura déséquilibre, car l’un devra subventionner la retraite de l’autre. Ce n’est pas ce qu’on souhaite, hein?

Il y a aussi l’infidélité financière au sein du couple. Vous savez, ceux qui cachent des dépenses ou une dette, qui mentent sur leurs revenus ou sur leur situation financière? Puisque les difficultés financières de l’un font aussi courir des risques à l’autre, il est donc sage de valider quelques points si on souhaite débuter une relation plus poussée avec quelqu’un. Comment l’autre gère-t-il ses finances? Est-il à l’aise de présenter son actif net? Arrive-t-il à épargner?... Pour trouver ces réponses, son pointage de crédit, ses habitudes financières, son bilan bancaire et ses avis de cotisations contiennent de précieux indices.

Les auteurs évoquent aussi de nombreux autres points tels que la violence financière, la gestion de l’écart de richesse selon les diverses phases d’un couple – l’introduction, la croissance, la maturité et, inévitablement le déclin, soit par le décès ou la séparation.

La médiation familiale et les enfants ne sont pas en reste. À l’aide d’exemples, ils exposent le casse-tête financier en présence d’enfants issus d’une union précédente et d’autres nés de la nouvelle union, sans oublier la retraite. En effet, la planification successorale est importante puisque certains biens créent de l’impôt au décès.

Finalement, puisqu’il est beaucoup plus facile de déterminer le début d’un couple que sa fin, ce livre se veut un excellent guide de planification de l’incertitude amoureuse. Si tu es du genre à errer dans le brouillard des finances personnelles alors oui, tu en as vraiment besoin!



Hélène Thériault

Conseillère budgétaire

SBCC



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